2011 09-Notre démocratie en péril

Éditorial
Notre démocratie en péril
Daniel Pezat

Il y a quelque chose qui cloche au Québec en matière de démocratie. Une démocratie est, si je me souviens bien, le gouvernement du peuple par le peuple. Le moment fort d’un régime démocratique, ce sont les élections. Le peuple, alors, choisit ses représentants. Ils gouverneront en son nom. Ils seront redevables et imputables de leurs décisions. Les dernières élections canadiennes et municipales, les québécoises ne faisant pas exception à la règle, me posent un problème.

Je ne veux pas parler des options politiques de chacun d’entre nous, ce sont des décisions personnelles qui ne regardent que nous. Non, ce qui me préoccupe, c’est la qualité des élus. Parmi eux, quel que soit le niveau ou le parti, il y a des gens inspirés et inspirants. Hélas, il y a les autres. En démocratie, tout le monde a le droit de se présenter à une élection. C’est  bien ainsi. Mais un candidat ne devrait-il pas avoir certaines qualités, certaines connaissances et une certaine instruction pour pouvoir briguer un poste?

L’autre sujet de péril de nos démocraties est le faible (parfois très faible) taux de participation des citoyens à un scrutin. À Lingwick comme ailleurs, d’une élection à l’autre,  tout juste un peu plus de 25% des électeurs se  prévalent de leur droit de vote. La personne qui  remporte les élections ne le fait qu’avec l’appui de plus ou moins 14%  des électeurs. En fait de légitimité, il me semble que nous pourrions  faire mieux.

Si à l’incompétence crasse de certains élus nous ajoutons l’indifférence du peuple, je prétends que la démocratie est en péril. Oui je sais, le pire des gouvernements élus est préférable à la meilleure des dictatures, mais quelque part il y a une limite à l’irresponsabilité.
Pendant une campagne électorale, les candidats ont tout le loisir de se faire connaître; de nous expliquer en long et en large leur programme; le pourquoi et le comment de leur engagement en politique; quel sens ils donnent aux mots servir et devoir. J’ai toujours cru, probablement naïvement, qu’un élu était au service de tous ses concitoyens. De nos jours, encore heureux si nous recevons un vague document écrit. Dans bien des cas, l’aspirant élu ne prendra même pas la peine de se faire connaître et de préciser ses intentions. Bien des électeurs vont voter pour ou contre avec, comme seul argument, de vagues notions de voisinage. La dernière élection fédérale a permis de faire  élire au Québec une belle brochette d’illustres inconnus. Feront-ils mieux ou pire que des politiciens chevronnés? J’avoue, je ne le sais pas, l’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est le vent de fraîcheur que ces gens vont apporter.
Mais revenons à Lingwick. Si ma mémoire est bonne, c’est au début des années 90 que, pour la première fois, un candidat à la mairie a fait connaître ses intentions par une publicité. Depuis, bien d’autres candidats, avec plus ou moins de succès, ont suivi l’exemple. Ce qui n’a pas empêché, d’une élection à l’autre, des candidats sans programme connu de finir par obtenir un siège.

Que pouvons-nous faire pour contrer ces iconoclastes de la politique? Dans le temps, les plus vieux d’entre  nous s’en souviennent peut-être, il y avait des débats oratoires publics. Les candidats en lice venaient débattre de leur programme, de leur vision de ce que serait la vie municipale s’ils étaient élus. Il est vrai que les forts en gueule y prenaient beaucoup de place.

À l’occasion de la prochaine élection municipale, pour susciter l’intérêt des électeurs et qui sait, attirer les plus capables d’entres nous à se lancer ou à poursuivre un travail au sein du conseil, ne pourrions-nous pas mettre sur pied une rencontre, au cours de laquelle les candidats pourraient débattre de leur programme et peut-être répondre aux questions des citoyens? Il est hors de propos qu’un tel exercice tourne à l’engueulade, au règlement de compte ou devienne une foire d’empoigne. Cette rencontre se ferait devant public et serait animée par une personne crédible et indépendante. Ce serait, je pense, un bel acte de démocratie participative où tout le monde aurait sa place. R

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