2011 11-Le bénévolat

Le bénévolat, Daniel Pezat

Au Québec, plus de deux millions de personnes font du bénévolat. Contrairement à ce que l’on croit, près de la moitié des jeunes Québécois âgés de 15 à 24 ans s’adonne à des activités bénévoles, 48 %, pour une moyenne de 116 heures par année. C’est ce que révèle l’Enquête canadienne de 2007 sur le don, le bénévolat et la participation (ECDBP).

Les jeunes cherchent à contribuer au mieux-être de leur collectivité. Ils voient leurs actions comme un engagement citoyen, plutôt que comme du bénévolat. L’action bénévole présente pour eux plusieurs avantages : la possibilité d’apprendre à mieux se connaître, de développer des talents et de faire partie de nouveaux réseaux sociaux qui faciliteront leur intégration professionnelle.

Les aînés sont ceux qui donnent le plus grand nombre d’heures aux activités bénévoles. En fait, chaque bénévole de 65 ans et plus effectue en moyenne 268 heures de bénévolat annuellement. 26 % des aînés s’engagent bénévolement dans toutes sortes d’activités selon l’ECDBP. L’action  bénévole leur permet de briser leur isolement, de se sentir utiles pour leur communauté et de partager leur savoir dans un cadre où ils se sentent à l’aise.

N’oublions pas les personnes nouvellement arrivées chez nous. Le bénévolat  représente  pour elles une occasion de faciliter leur intégration sociale. De plus, la pratique d’une activité bénévole leur offre la possibilité de découvrir et de mieux connaître leur nouveau milieu de vie. Malgré ces chiffres rassurants, dans le canton de Lingwick, comme le disent les statistiques, ce sont surtout les têtes grises qui font fonctionner nos organismes communautaires; certains diront des organismes à but non lucratif (OBNL). Le syndrome du Toujours les mêmes (TLM) sévit toujours chez nous. Je sais, nous n’avons pas une population nombreuse, par contre nos organismes le sont. Il est évident que la famille, l’école, le travail, entre autres, occupent beaucoup de notre temps,  mais, comme dit l’autre, quand une personne veut, elle peut. Un point positif dans le décor, la participation aux activités offertes chez nous est bonne. C’est  l’implication dans la gestion de nos organismes qui est en question!

Quand vient le temps d’une assemblée générale annuelle (AGA), c’est la même course à une hypothétique relève. Avec, en bout de ligne, le sempiternel « Bon! Je vais faire encore un bout. » On a beau avoir courage et dévouement, à la longue, ça devient pesant. Tout le monde est très heureux de bénéficier d’équipements de loisirs ou de soutien social, mais personne ou presque ne veut s’en occuper. Si nous élevons nos enfants en prêchant par l’exemple, nous leur préparons un avenir bien peu édifiant.

Il n’est pas nécessaire d’investir beaucoup de temps pour aider sa communauté à s’organiser. Quelques heures par mois seraient suffisantes. Peut-être un peu moins de télévision, de ménage ou de bricolage. Étrangement, ce sont ceux qui sont les plus occupés qui offrent le plus de leur temps! Si nous voulons recevoir, il nous faut donner!

Bien des organismes sont dans ce cas; ils sont toujours à la recherche de bénévoles. Il est vrai que, de nos jours, il faut de plus en plus de connaissances, qu’il est de plus en plus compliqué de gérer une OBNL. Les différents paliers de gouvernements se font un malin plaisir à leur compliquer la vie. Mais c’est là une belle occasion d’apprendre, de nous épanouir, d’approfondir nos connaissances et de nous découvrir de nouvelles possibilités. On ne s’améliore qu’à travers son propre dépassement!

Faire du bénévolat est d’abord et avant tout un geste gratuit. Mais dépassée la gratuité de l’action, ce n’est que profits personnels et communautaires. Les connaissances acquises nous restent. Le temps et l’énergie investis dans la communauté sont garants de sa survie. Chaque fois que nous nous impliquons dans notre canton, c’est un clou que nous enfonçons pour consolider son avenir. Il nous faut lutter contre ceux qui veulent démolir, plutôt que bâtir. Nous devons nous battre, pour assurer à notre municipalité une vie communautaire saine et forte!

Il y a toujours les détracteurs en tous genres, des jamais contents; qu’ils aillent au diable! Nous ne devons jamais nous laisser décourager par eux. S’ils investissaient autant de temps dans le bénévolat que dans leurs récriminations, on ne les entendrait sûrement pas autant.

Le monde est bizarre : moins il participe, plus il rouspète. R

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