2011 10-Le prix de la sécurité

Éditorial, Le prix de la sécurité par Daniel Pezat

D’une planification stratégique à l’autre, une demande du public revient régulièrement : la sécurité dans le village de Lingwick. Il faut comprendre dans ces demandes répétées non seulement la sécurité dans la rue, mais aussi en tous lieux où la municipalité a juridiction.

En général, l’environnement est sécuritaire dans le canton. Néanmoins, deux situations demandent réflexion et action. La construction d’un trottoir dans le village de Lingwick et l’installation d’un ascenseur au centre municipal.

La population de Lingwick vieillit. En gros, les gens de cinquante ans et plus représentent pas loin de la moitié de la population. Les plus âgés d’entre nous, fragilisés par l’âge ou la maladie, se déplacent avec plus de difficulté. Il y a aussi les personnes souffrant d’un handicap qui réduit leur mobilité. Il va falloir que notre conseil municipal en prenne conscience et le reconnaisse.

Au début des années 2000, il était déjà question de la construction d’un trottoir du côté nord de la route 108, entre les numéros civiques 53 et 87. Un passage protégé était également prévu pour permettre aux usagers de traverser la rue en direction de l’église et du centre municipal. Ce projet se voulait un moyen de sécuriser les déplacements des piétons, mais en même temps, une solution pour ralentir la circulation automobile. À l’époque, même si la municipalité avait l’argent pour effectuer les travaux, elle avait reculé face à l’opposition des propriétaires riverains. Des arguments qui n’avaient rien à voir avec la compassion et le bien commun avaient alors été avancés : « Ça va briser ma pelouse! » « Ça va faire une bosse dans mon entrée! » « Mes taxes vont augmenter! » et la plus méchante : « Ça ne va servir que pour une personne! » Finalement, en guise de trottoir, la municipalité avait fait installer des bollards de piste cyclable.

Dernièrement, le conseil a remis le dossier à l’ordre du jour. Le ministère des Transports est en quelque sorte le porteur d’un projet qui engloberait la construction du trottoir et la réfection d’un tronçon de la route 108. Il a été en appel d’offres. La soumission la plus basse prévoit un dépassement des coûts de 14%. Au-delà de 10% de dépassement, le ministère doit regarder une autre façon de procéder. À nouveau, nos élus sont dans l’expectative.

Un autre cas où la sécurité est en cause est celui du centre municipal. Il y a quelques années, une rampe d’accès a été installée. On peut dorénavant aller voter et avoir accès au bureau municipal sans encombre pour les gens à mobilité réduite. Juste à titre d’information : il y a quinze marches pour se rendre à la cafétéria et vingt sept pour qui veut aller à la bibliothèque, à la salle de l’Afeas, au journal ou accompagner des jeunes enfants au local du Parc-en-ciel. Les escaliers interdisent l’accès à ces organismes à toutes les personnes qui n’ont pas l’usage de leurs jambes; c’est sans compter ceux qui ont des troubles cardiaques ou respiratoires, entre autres. Les plus âgés doivent renoncer à ces services et à ces activités tout simplement parce qu’il est trop risqué, voire périlleux pour eux, de s’aventurer dans les escaliers du centre municipal. À quand un ascenseur pour que les citoyens de Lingwick, sans discrimination, aient un libre accès à leurs organismes communautaires et aux activités qu’ils proposent?

Oui, je sais, il y a des coûts rattachés à l’installation d’un ascenseur ou à la construction d’un trottoir. La sécurité et le bien-être de ses citoyens ne doivent-ils pas être le premier objectif d’une municipalité? La saine gestion des deniers publics ne semble pas, par les temps qui courent, la priorité de Québec. Chez nous, par bonheur, il en va tout autrement et c’est la bonne façon d’administrer nos taxes. Malgré tout, il ne faut pas confondre rigueur comptable et sécurité des personnes. Qu’un projet soit géré avec fermeté, d’accord; mais pas au détriment des plus âgés ou des handicapés.

Lingwick se targue de vouloir attirer de jeunes familles, c’est une belle initiative qui sera payante pour tout le monde. Pour atteindre cet objectif, des fonds sont investis, c’est normal. Pourtant, il ne faudrait pas que nos élus oublient les vieux ainsi que les personnes physiquement désavantagées. Eux aussi payent des taxes et votent! R

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