2011 12-Le lac Moffat

Le lac Moffat
 Le lac Moffatt, Daniel Pezat

À la lecture du Reflet du mois de novembre dernier et plus particulièrement des deux textes de Marcel Langlois traitant de la vie au conseil municipal, j’ai été surpris de constater que le soleil ne brillait plus sur les rapports entre le Territoire Mar-Rin et la municipalité. La cause de ce désaccord : l’utilisation des moteurs à essence sur le Lac Moffatt.

Ce règlement de non-utilisation des moteurs à explosion ne date pas d’hier. Il est en vigueur depuis le 6 octobre 1989. Aujourd’hui, il est remis en cause, pour de questionnables raisons de sécurité. La menace au poing, des dirigeants et des membres du Territoire Mar-Rin ont rencontré le conseil le lundi 7 novembre dernier. Ils ne veulent rien savoir de la législation en vigueur. Ils veulent avoir gain de cause pour leurs amateurs de pêche. Ils veulent des privilèges qui vont à l’encontre du bon sens. Ils veulent faire abroger ce règlement et utiliser des moteurs à essence en tout temps.

Le Territoire Mar-Rin, pour faire plier la municipalité, veut prendre nos commerçants en otages. Chez moi, on appelle cela du terrorisme, au mieux, du chantage.

Les pêcheurs sont en principe des gens proches de la nature et donc, soucieux de la qualité de leur environnement. Expliquez-moi pourquoi, dans ces conditions, ils exigent de pouvoir naviguer avec un moteur à essence? La plupart des moteurs hors-bord sont des moteurs à deux temps et sont très polluants. Ils rejettent dans l’eau plus de 30% de l’huile et de l’essence consommées. Bye bye, qualité de l’eau! Le lac Moffatt n’a, dans sa partie la plus profonde, qu’une dizaine de mètres. De plus, il est reconnu comme un lac fragile. Cette contestation va à l’encontre de toute logique environnementale!

Dans toutes embarcations, quelles soient équipées d’un moteur électrique ou à essence, il me semble normal qu’il y ait, en cas de panne, des rames ou des avirons. Le lac Moffatt, avec ses 280 ha de superficie, n’est pas un grand lac, encore moins le lac Saint-Jean. En cas de problème, une embarcation peut rejoindre la rive par des moyens « humains ». Panne  de moteur ou vent contraire, la rive n’est jamais bien loin. Un peu d’huile de bras et de courage n’ont jamais fait mourir personne.

L’arrogance des représentants du Territoire Mar-Rin n’a d’égal que le mépris qu’ils ont envers la population du canton de Lingwick. Ils se comportent comme un État dans l’État. Dans tous les cas, c’est la municipalité et son conseil municipal légalement élu qui a juridiction en la matière. C’est lui qui a le pouvoir et le devoir de faire entendre raison à ces personnes. Notre conseil a eu raison de ne pas céder à l’intimidation.

Il serait peut-être bon de demander au propriétaire des lieux, la compagnie  Domtar, de rappeler au Territoire Mar-Rin qu’il n’est qu’un locataire et qu’il est soumis à nos règlements municipaux comme n’importe quel contribuable.
Tant qu’à parler du lac Moffatt, parlons de son accès pour la population de Lingwick. C’est un dossier qui date presque de toujours. Déjà  au mois de mai 1987, Laurent Rousseau, alors secrétaire trésorier de la municipalité, s’inquiétait dans les pages du Reflet de l’impossibilité pour les citoyens du canton d’aller se baigner ou pêcher au lac. Chose qui, par le passé, se faisait en toute liberté. C’était avant le « clubage » de ce secteur. Il y a eu au fil des années bien des tentatives, des projets; à l’occasion, la compagnie Domtar avait fait montre d’intérêt et d’une certaine ouverture. Le Territoire  Mar-Rin, pour sa part, s’y est toujours farouchement opposé. Pourtant, sur le site de HOOKANDBULLET.com (*), le lac est décrit comme étant d’accès public?

Le Territoire Mar-Rin se vante d’offrir un accès au lac aux gens de Lingwick. Mon œil! Le laissez-passer revient à presque 200 $; c’est loin d’être un cadeau. Les gens du territoire prétendent que c’est un privilège qui est accordé aux amateurs de plein air de chez nous. Tout un privilège, surtout si l’on tient compte des conditions de circulation sur les chemins y donnant accès. On se croirait dans une zone militaire à sécurité maximum. Des privilèges comme ça, je pense que Lingwick peut s’en passer.

D’autres ont occupé Walt Street. Reprenons possession du lac Moffatt ou du moins d’une partie. R

(*) http://www.hookandbullet.com/c/fishing-lingwick-qc/

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