2012 04-Les Vtt

Éditorial
Les Vtt, Daniel Pezat

Le lundi 12 mars dernier, avait lieu une soirée de consultation publique concernant la libre circulation des véhicules tout-terrains (VTT) sur les chemins entretenus par la municipalité.

Nous avons entendu le meilleur et le pire. Soulignons la modération des opposants et une certaine agressivité des tenants du pour. L’intimidation de leur part était bien présente. Entre autres commentaires, retenons : « Les sportifs du VTT respectent les lois. » Il ne faudrait pas charrier. Actuellement, le non-respect des règlements en vigueur est constant. Sur les chemins ou dans le village, les quadistes de passage circulent librement.

Un autre commentaire : « Il ne s’est rien passé en vingt ans à Lingwick! » C’est une gifle à tous ceux qui travaillent au développement de notre canton. Trop de personnes ont investi énergie, temps et argent pour se faire dire des inepties pareilles. Il ne se passe peut-être rien dans l’univers du V.T.T., mais pour ce qui est du tourisme, c’est faux. Pour ce qui est de la vie communautaire, c’est faux. Pour ce qui est du développement résidentiel, c’est faux. La municipalité travaille à développer le chemin du Belvédère; les lots se vendront-ils mieux si ce chemin devient une trail de VTT? Il y a une vie après les clubs Quad.

Les étrangers. Quand allons-nous cesser de parler des étrangers dans Lingwick? Il n’y a que des gens d’ailleurs qui viennent s’installer dans le canton. Ils recherchent le calme, une vie sociale et communautaire active et intéressante. Un milieu de vie dynamique, sécuritaire et sain pour y élever une famille.

La question de l’environnement n’a guère été abordée; pourtant, selon le modèle de machine, un VTT consomme plus de dix litres d’essence aux cent kilomètres. On nous a aussi parlé de sécurité. Le VTT est à l’origine un véhicule de travail, un outil. Le lobby des fabricants en a fait un sport, en ventant l’accessibilité au territoire. Les véhicules hors-route (VHR) donnent une fausse impression de liberté. La témérité des quadistes est la cause de la plupart des accidents. La conduite de VHR cause en moyenne 50 décès et plus de 800 blessés annuellement. Au Québec, le nombre d’événements graves a augmenté de moitié en vingt ans. Les mésaventures impliquant des VHR demeurent la première cause de décès liée aux activités sportives et récréatives, avant ceux des vélos et les noyades.

Il a été reproché à Lingwick de vouloir choisir les touristes qu’il veut recevoir. Le canton de Lingwick a la réputation de savoir accueillir le monde. Tous, les nouveaux arrivants comme les gens de passage, vous le diront. Lingwick sait recevoir! Par contre, il n’aime pas se faire bousculer. Une municipalité a le droit et la responsabilité de prioriser le type de tourisme qu’elle veut développer.

Les commerçants ont eux aussi pris la parole. Nous devons les comprendre. Ils sont en affaires et s’ils veulent y rester, leurs commerces doivent recevoir des clients. Comment, dans le contexte qui nous intéresse, concilier leurs intérêts avec le respect de la qualité de vie des autres? Peut- être est-il pertinent d’aménager un corridor, d’une municipalité à l’autre, où la circulation de VHR serait permise? Cela permettrait aux gens d’affaires d’y trouver leur compte. Si un tel corridor est mis en place, il doit l’être sous une stricte surveillance policière (S.Q.). Cette autorisation de circuler doit être accordée seulement sur une base annuelle. Le conseil pourrait ainsi évaluer les impacts de cette nouvelle circulation.

Ouvrir nos chemins aux VTT vingt-quatre heures par jour apparaît comme une injustice. À Lingwick, il existe un règlement contre les nuisances. Entre autres choses, il y est stipulé qu’il est interdit de faire du bruit entre 23 h et 7 h. Ce qui est bon pour les uns devrait l’être pour les autres. Au mieux, s’ils doivent circuler sur nos routes et nos chemins, qu’ils le fassent aux mêmes heures que les motoneiges, soit de 6 h à 24 h.

Si j’ai bien compris, une personne membre en règle d’un club Quad pourrait circuler sur les chemins municipaux de Lingwick; elle pourrait également avoir accès au réseau Quad de tout le Québec. Cela veut-il dire que les membres des autres clubs auraient le droit de circuler sur nos routes et nos chemins? Durant les vingt dernières années, le nombre d’amateurs de VTT a plus que quintuplé. Il est passé de 81 000 à 359 000. Cela ne risque-t-il pas de faire du monde sur la gravelle?

Dans la vie, il n’y a pas que les retombées économiques qui comptent. L’impact humain doit lui aussi être pris en considération. R

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