2012 09-Un été beau et chaud

Éditorial
Un été beau et chaud
Daniel Pezat

L’été 2011 a été chaud. L’hiver dernier n’a pas apporté la quantité de neige habituelle et l’été que nous vivons est encore plus sec que d’habitude. Les ruisseaux et les rivières sont à leur niveau le plus bas, les puits sont au bord de l’assèchement, les sources tarissent. Les feux de forêt menacent. Je ne parle pas d’un pays à l’autre bout du monde. Je décris une situation de chez nous. Je parle de Lingwick! Quels sont les inconscients qui disent que les changements climatiques sont une histoire inventée par les scientifiques pour faire peur au monde?

Nous constatons tous les changements de la météo. Des étés plus chauds et plus longs, des hivers plus doux. Certains se réjouiront. Hélas! Il y a le revers de la médaille. La chaleur plus élevée et le manque d’eau ont des conséquences sur la végétation. Les arbres fruitiers sont plus précoces; par contre, leurs fruits sont de mauvaise qualité. Faire les foins, cette année, a été chose facile, mais la quantité n’est pas au rendez-vous. De nouveaux insectes nuisibles font leur apparition; venus du sud, ils s’installent chez nous. Ils vont y rester!

Moins de neige n’est pas simplement synonyme de moins de pelletage. Là aussi, les conséquences sont bien présentes. La nappe phréatique est en baisse. Les sources, naguère réputées intarissables, ne donnent plus qu’un filet d’eau. Les puits artésiens ou de surface sont à sec et doivent être remplis. Nous allons payer cher nos imprudences environnementales. Ces bouleversements climatiques dérangent la flore et la faune dont la répartition géographique tend à se déplacer vers le nord. Ces changements ont un impact sur l’agriculture, la santé et l’économie. Ils ébranlent notre société que l’économie de marché a conçue. Au-delà du climat, les conséquences sont bien plus graves. Le réchauffement de l’eau et la fonte des glaces des régions polaires de la terre font monter le niveau des océans. Sur l’ensemble de la planète, le niveau moyen de la mer s’est élevé de 1,8 mm par an depuis 1961 et de 3,1 mm par an depuis 1993. Cela met en danger de nombreux archipels et terres basses, comme les Pays-Bas ou le Bangladesh. Le 21e siècle sera probablement le premier à voir l’apparition de réfugiés climatiques. Si les prédictions les plus sombres se concrétisent, les populations vivant sur des îles ou des archipels proches du niveau de la mer pourraient être rayées de la carte. Les conséquences géopolitiques seraient énormes.

En 2005, 24 % des Québécois interrogés lors d’un sondage disaient que les changements climatiques altéraient déjà leur état de santé. Ces bouleversements nous touchent de diverses manières : coups de chaleur durant une canicule, problèmes respiratoires liés au smog lors de journées très chaudes et humides, gastro-entérites associées à la contamination de l’eau potable lors de pluies diluviennes.

Au Québec, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la hausse des températures estivales moyennes pourrait entraîner (si on ne prenait aucune mesure préventive) une augmentation de la mortalité estivale de l’ordre de 2 % en 2020 et de 10 % en 2080. Ce scénario est maintenant remis en cause. Il est considéré comme optimiste par les scientifiques du climat. Ces résultats pourraient être sous-estimés, puisque ces simulations ne tiennent pas compte du vieillissement de la population. La proportion croissante des personnes de 65 ans et plus passera de 12 % en 2001 à 24 % en 2025. Ce groupe est plus vulnérable au réchauffement climatique que celui des personnes de moins de 65 ans. Dans cette recherche, il ne s’agit que de la température moyenne. Les canicules viennent s’y ajouter!

Pour contrer, ou du moins ralentir le réchauffement de la planète, il faut repenser notre système économique comme nos comportements individuels et collectifs. Nous devons prendre en considération notre impact sur l’environnement. Ceci passe par une volonté politique ferme et qui touche tous les aspects de notre société pour inciter à l’action et mettre en place de nouveaux modèles économiques. R

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