2012 10-L’Ascenseur du bonheur

Édito
L’Ascenseur du bonheur
Daniel Pezat

Au mois d’octobre 2011, dans ces mêmes pages, je m’interrogeais sur la question de la sécurité pour les vieux et les gens à mobilité réduite de notre canton. Il était notamment question de la construction d’un trottoir en bordure de la route 108, dans le village de Sainte-Marguerite-de-Lingwick et de l’installation d’un ascenseur au centre municipal.

Un an plus tard, où en sommes- nous? La construction d’un trottoir dépend beaucoup du bon vouloir du ministère des Transports du Québec (MTQ); il y a toujours une signature ou une approbation qui manque pour que les travaux commencent. Maudit que c’est long à faire fonctionner, des fonctionnaires! Ne soyons pas mauvaise langue, l’automne est tout juste à nos portes. Gageons  que les travaux seront en train quand vous lirez ces lignes.

L’installation d’un ascenseur au centre municipal est, semble t-il, sur la glace. Au début de l’hiver passé, une vague rumeur de mise sur pied d’un comité pour étudier la question et trouver des moyens de financement avait circulé. Rumeur non fondée ou manque de volonté? Toujours est-il que l’idée est restée lettre morte. Y a-t-il un intérêt de la part de notre conseil municipal pour cette question de sécurité?

Je sais, nos élus ont du pain sur la planche. La gestion d’une municipalité n’a plus la même simplicité qu’autrefois. Les dossiers qu’elle doit gérer sont nombreux et souvent complexes. De plus, il lui faut naviguer entre les pouvoirs de la MRC, de Québec et d’Ottawa.

Mercredi, 26 septembre dernier, 22 h. Je rentre de la consultation publique organisée par le comité consultatif d’urbanisme (CCU) à la demande de la municipalité. Il s’y est dit des choses intéressantes et même passionnantes. Pour une première fois, peut être, les participants devaient se projeter dans l’avenir; rêver était à l’ordre du jour, dire comment ils voyaient leur canton dans trente ans. Parmi bien des sujets dignes d’intérêt, la sécurité pour tous et en particulier pour les gens âgés, utilisateurs du centre municipal, a été mentionnée presque à toutes les tables de discussion. Cet ascenseur n’est pas une frivolité de quelques-uns. C’est un réel besoin pour les plus vieux d’entre nous qui veulent participer aux activités communautaires d’ici.

Le centre municipal a été bâti pour être une école. Les escaliers, bien que répondant aux normes du bâtiment, n’ont pas été conçus pour des gens âgés, mais pour des enfants. Ils sont raides pour des jambes de 80 ans. Les bénévoles de la bibliothèque doivent monter les bacs de livres à la force des bras. C’est la même chose pour les gens du tissage qui transportent des ballots de tissu ou de fil. Les artisans du Reflet sont dans la même situation, avec des boîtes de papier ou de journaux. Outre l’effort physique, il y a le risque de chutes et de blessures graves. Nous vieillissons tous et le danger est bien là.

On ne parle pas ici d’un ascenseur d’hôtel d’une capacité de quatorze personnes. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un ascenseur pour deux ou trois personnes, ou une chaise roulante et un accompagnateur, une maman avec un bébé dans les bras.

Au centre communautaire de Weedon, il y a une installation semblable. Ça n’a pas coûté une fortune, surtout qu’il y a de l’aide financière pour des projets semblables, notamment du côté du Pacte rural.

Au cours de la consultation publique, il a été question de notre milieu de vie, de ce que nous voulons garder, voir changer ou ne pas perdre. Il me semble que la qualité de vie passe aussi par une sécurité accrue dans notre édifice municipal. D’aucuns diront qu’il n’y a jamais eu d’accidents, que personne n’a déboulé les escaliers. Faut-il attendre que cela arrive pour prendre une décision? Les progrès de la médecine nous font vivre plus longtemps, mais avec l’âge, nous sommes plus fragiles.

Cette idée d’un ascenseur ne fait pas l’unanimité. Certains prétendent que c’est bon pour les vieux de faire de l’exercice et que les escaliers du centre municipal en sont une belle occasion. Grrr! Ce sont toujours les mêmes qui chialent pour tout et rien. Contre l’aménagement du Parc-en-ciel; contre la réfection de la patinoire; contre le projet d’un motel industriel; contre la construction d’un trottoir.

C’est à se demander ce qu’ils veulent pour notre canton. Générosité, compassion et vision à long terme sont des mots qui ne semblent pas faire partie de leur vocabulaire! R

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