2013 10-Les garderies

Éditorial, Les garderies, Daniel Pezat
Exergue : Une éducatrice, aussi compétente soit-elle, ne sera jamais le parent.

Vous me direz si je me trompe. Je m’interroge. Entre autre, sur le réseau québécois des garderies. Que les garderies soient subventionnées, en milieu familial, privées, en CPE (centres de la petite enfance) ou autres, ma question : à qui principalement, ce réseau profite-il?

Au Québec, il est interdit de laisser des enfants de moins de douze ans sans surveillance. Pour aider les parents à concilier leurs responsabilités familiales et leurs obligations professionnelles, le gouvernement du Québec a créé un réseau de services de garde. Grâce au financement de l’État, une partie de la contribution demandée aux parents est subventionnée. Certaines familles peuvent aussi bénéficier du remboursement d’une partie de leurs frais de garde ou en être totalement exemptées. Un palliatif à la clé dans le cou!

Les femmes sont capables d’assumer des tâches et des fonctions autrefois dévolues uniquement aux hommes. Au cours des deux guerres mondiales, elles l’ont amplement prouvé. Elles ont construit des avions, assemblé des chars d’assaut, fabriqué des munitions. Aujourd’hui, nous les retrouvons dans presque toutes les professions. Pour certaines, il leur reste à acquérir la parité salariale.

Tout comme les hommes, les femmes veulent, avec raison, avoir leur autonomie financière et professionnelle. Le marché du travail est actuellement en pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Quand il y a des enfants dans un couple, où se retrouvent-ils? À la garderie, et bientôt à la maternelle dès l’âge de quatre ans. Ils ne sont plus élevés et éduqués par leurs parents, mais par des éducatrices professionnelles. Quelle éducation et quelles valeurs sont transmises aux enfants? Devenus des adultes, quel sera leur sens de la famille?

Je ne veux en aucun cas montrer du doigt les femmes qui sont sur le marché du travail. Je crois tout simplement que quand un couple veut et a une descendance, un des deux parents doit s’en occuper. Changer des couches, les bercer pour les endormir, calmer un gros chagrin et soigner un bobo sont des gestes de tendresse et d’amour que seul un parent peut vraiment faire. Ce sont ces gestes d’amour qui donnent confiance à un petit. Il découvre et apprend la vie au jour le jour en compagnie d’un parent. Une éducatrice, aussi compétente soit-elle, ne sera jamais le parent.

Oui je sais, le coût de la vie augmente plus vite que les salaires et souvent, les parents doivent tous deux travailler pour boucler le budget. Il y a également les familles monoparentales où c’est généralement la mère qui doit élever seule les jeunes. Le divorce est un drame pour toute la famille.

Au tournant des années 1970, un courant de pensée réclamait 12 000 $ annuellement pour un parent qui restait à la maison pour élever sa progéniture. L’idée n’a pas fait long feu. Par contre, celle des garderies a pris du galon. Pourtant, ce n’était pas un mauvais concept, mais voilà, il ne devait pas être assez rentable pour le gouvernement en insuffisance financière et les entreprises en manque de ressources humaines. Un parent subventionné, au foyer, est moins payant qu’une personne sur le marché du travail, qui paye plus d’impôts et dépense plus. C’est bon pour l’économie. Les employeurs y trouvent également leur compte. L’arrivée massive des femmes en quête d’emplois a permis d’ouvrir plus de postes à un salaire moindre. C’est injuste et quelque part, ignoble.

J’ai toujours pensé que l’éducation des filles et des garçons était l’affaire des parents. Vous me direz que parfois, c’est mieux pour l’enfant d’être à la garderie. C’est hélas vrai! Il n’en demeure pas moins que, pour des bambins, grandir dans sa famille est autrement préférable que de grandir parmi des étrangers, aussi formés soient-ils.

Les services de garde au Québec sont là pour rester. Tout n’est pas mauvais dans les garderies. Les enfants socialisent plus facilement. Ils découvrent le monde et les autres, dans un environnement sécuritaire (peut-être un peut trop?) Ils vont plus vite apprendre à partager. Des jeux (un peu trop) éducatifs vont les mener plus tard sur le chemin des études.

Les enfants doivent vivre une vie d’enfant. En garderie, ont-ils cette chance? Y sont-ils plus heureux? R

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