2014 05-Un village, une école

Éditorial
Un village, une école en 2014
Daniel Pezat

Un article paru dans le journal La Tribune et dans le Haut-Saint-François, du 23 avril dernier, nous apprenait les difficultés que vit l’école primaire de Scotstown. À la prochaine rentrée, il y aura 18 élèves. Ce manque d’effectif met en cause le maintien d’une école dans ce village. Pour pallier cette situation, les parents de La Patrie ont été invités à envoyer une partie de leurs enfants à Scotstown. Le refus a été catégorique. Ils proposaient plutôt un redécoupage des bassins d’alimentation. Toutes les municipalités limitrophes de Scotstown sont concernées. Lingwick entre autres.

1972, il y a 42 ans, l’école de Lingwick ferme. Les enfants sont répartis dans deux écoles : Weedon et Scotstown. 1991, il y a 23 ans, après un an de lutte, les parents de Lingwick viennent à bout de l’entêtement de la Commission scolaire La sapinière (CSLS). Tous les élèves du primaire iront à Weedon. 2007, nouvelle alerte. Les enfants de Gould iraient à Scotstown pour pallier le manque récurrent d’élèves. La municipalité de Lingwick, par voix de résolution, s’y oppose fermement. Le projet est abandonné. Aujourd’hui, l’école de Weedon a une capacité de plus de 200 élèves. À ce jour, il y en a plus ou moins 150, dont une vingtaine viennent de Lingwick. Par ailleurs, l’école primaire de Cookshire serait en surnombre.

Pour avoir parlé avec M. Martial Gaudreau, responsable des communications à la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), la modification des limites des bassins d’alimentation est une possibilité. L’exercice, s’il se fait, se tiendra à l’automne 2014. L’idée est de voir si des parents seraient prêts à envoyer leurs enfants à Scotstown. Cela se ferait à partir des municipalités voisines. M. Gaudreau m’a bien dit : « On ne déshabillerait pas l’un pour habiller l’autre » et « Le bien-être des enfants est pour la CSHC la principale préoccupation ». De plus, il m’a assuré qu’aucune décision ne serait prise avant que la ou les communautés impliquées soient consultées. Beau discours de communication. Pouvons-nous avoir confiance?

Pour Mme Linda Gaudreau, commissaire pour le secteur de Weedon et Lingwick, les enfants de Lingwick sont concernés, car ils sont près de Scotstown. Rien ne se fera sans consultation des parents. Par contre, elle n’a pas pu me garantir que l’avis des parents aurait priorité. Il y aura également une rencontre avec les maires et les commissaires des municipalités en cause. Mme Gaudreau est consciente que Lingwick n’acceptera pas que ses jeunes soient déplacés à Scotstown. « Je peux vous garantir que je vais vous défendre », conclut-elle.

Commissaire des secteurs de Bury, Chartierville, Hampden, La Patrie et Scotstown, Mme Colette Lamy, pour sa part, précise que le cas des enfants de Lingwick et des enfants francophones de Bury est mis à l’examen, ainsi que toutes les autres avenues. Le redécoupage des bassins d’alimentation, rang par rang, est aussi sur la table. Mais il n’y a rien de coulé dans le béton. D’après elle, il n’y aurait pas d’obligation de la part des parents. « On est loin de l’obligation », souligne-t-elle. D’autre part, la CSHC n’a pas l’intention de fermer l’école Saint-Paul, à Scotstown. Le projet de redécoupage se discute depuis trois ans. Il n’y aura pas de décisions contre la population. « On ne l’a pas fait pour La Patrie, on ne le fera pas plus pour Lingwick », a-t-elle affirmé.

Malgré ces paroles rassurantes, il y a anguille sous roche. Il ne faut pas que Lingwick soit obligé de se battre contre une commission scolaire qui voudrait garder une école ouverte à nos dépens, comme cela a été le cas pendant 20 ans. Nos enfants vont à Weedon, c’est la volonté de leurs parents. Tout nous incite à faire ce choix : lien de parenté, proximité des services de santé et de garde, aréna, etc.

Nous ne voulons pas voir un village perdre son école. Les conséquences en sont trop graves. Nous en savons quelque chose. Par contre, il ne faut plus compter sur Lingwick pour un nouveau sauvetage. Lingwick a déjà fait sa part. Perdre son école est un drame pour une communauté. L’école une fois fermée, c’est une lutte de tous les instants pour la survie.

Que ce soit la CSLS ou la CSHC, c’est toujours la même incertitude. Il y en a marre de cette épée de Damoclès, de cette insécurité suspendue au-dessus de nos têtes. Il faut faire savoir haut et fort nos attentes à la CSHC. Cette bataille est celle de toute la population du canton de Lingwick! Il y a eu trop de souffrances et de larmes par le passé. Ça suffit! R

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