2014 10-Souris de ville et des champs

Éditorial    
Souris de ville et des champs    
Catherine Bouffard

Le Journal de Montréal du 14 septembre 2014 titre : Les souris et les rats perturbés par les travaux à l’urgence. Ces animaux de laboratoire seraient incommodés par le bruit et les vibrations dues aux rénovations de l’urgence du centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont (CHM-R), qui paiera près de 725 000 $ cette année pour les relocaliser temporairement.

Est-ce payer trop cher pour relocaliser ces rongeurs? Exactement 724 800$ était la plus basse soumission. Certains diront que des rats ne valent pas toutes ses dépenses. Les rongeurs en liberté ne nous coûtent rien. À l’exception, peut-être, quand ils envahissent les grains ramassés. Dans nos campagnes, ils sont considérés nuisibles. On les trappe. Nos chats et autres prédateurs les chassent.

D’autres diront que ces bêtes sont bien utiles à l’être humain.  Dans les laboratoires, les souris et les rats servent à tester des médicaments.  La plupart des médicaments créés l’ont été à partir d’expérience sur des animaux. Ils sont utiles et traités avec soin. D’ailleurs, le Canada est un pays qui s’assure que les animaux des laboratoire soient bien traités. Le conseil canadien de protection des animaux (CCPA) en science utilise le concept des trois R : remplacement des animaux lorsque possible, réduction des animaux utilisés, raffinement des méthodes et procédures pour réduire la douleur et la détresse des animaux. Dans cet article du journal de Montréal, on précise que seules deux entreprises répondaient aux critères du centre de recherche et du CCPA. Pour pouvoir produire des études fiables, un code d’éthique doit être suivi rigoureusement. Les recherches coûtent cher. Des perturbations vécues par les animaux de laboratoire peuvent fausser les résultats. Il faudrait alors recommencer. Les règles d’élevage de ces animaux sont aussi très strictes.

Pour satisfaire la science, on modifie leurs gènes. On leur crée des défauts. Ils sont modifiés pour développer des cancers, devenir obèse, ou ne pas produire une telle hormone, par exemple. Bref, ils sont modifiés pour répondre aux besoins des chercheurs. Dans nos champs, les souris et les rats ont toutes leurs fonctions intactes. Tous leurs morceaux.

En laboratoire, ces animaux sont logés et nourris. La belle vie! Quoique leur ‘maison’ se résume à un espace assez restreint. Et leur nourriture peut vite devenir monotone. Chez-nous, dans la nature, ils doivent se trouver un gîte pour l’hiver. Parfois le même que nous. Durant les autres saisons, ils ont des kilomètres à gambader. Se chercher de quoi manger à tous les jours. Une alimentation probablement plus variée. Et surtout ne pas oublier qu’ils doivent faire attention de ne pas se faire manger.

Les souris de laboratoire et les souris en liberté vivent toutes du stress. Pas le même stress bien sûr, mais du stress quand même. Sur ce point, on peut les considérer égales.

Pour un centre de recherche, que ce soit celui du CHM-R ou ailleurs, ces coûts sont probablement justifiés. Si un médicament est découvert grâce à la recherche, ce centre de recherches bénéficiera des retombées économiques importantes et d’une reconnaissance assurée.

Dans l’article, on faisait référence à la relocalisation de 6 000 souris et rats au montant de 724 800 $ pour un an. Ça revient donc à 120.80 $ par animal par année ou environ 10 $ par mois par animal. Vu de cette façon, est-ce que ce montant est acceptable? Raisonnable? Est-ce payer trop cher au nom des animaux de laboratoire? R

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