2016 02-Le rêve

Éditorial
Le rêve
Catherine Bouffard

Il y a quelques semaines, toute l’Amérique du Nord avait le regard tourné vers le Powerball estimé à 1,6 milliard de dollars américains, où les détenteurs de billets avaient environ une chance de gagner sur 292 millions. Autant ceux qui prennent des billets de loto régulièrement que ceux qui en achètent à l’occasion, ont probablement tous rêvé, un jour, de gagner à la loto.

Plus les gros lots sont élevés, plus il y a de billets vendus, ce qui diminue finalement les chances de gagner. Et ça, Loto-Québec et autres compagnies de loterie l’ont compris depuis bien longtemps. Le premier tirage de Loto-Québec s’est tenu le 14 mars 1970, à l’Inter-loto avec un gros lot de 125 000 $. C’est aussi l’époque de la Mini-loto à 50 cents et de la Super-loto. En 2015, Lotto-Max donne 55 millions à un groupe de Québécois. Les gros lots ont augmenté au fil des années, ce qui amène probablement plus de gens à jouer.

Du point de vue des statistiques, une équipe de l’université Concordia, à Montréal, a fait une étude sur le portrait sociodémographique et économique des joueurs en général. Les résultats obtenus sont, entre autres : – Il y a plus d’hommes (69,1 %) que de femmes (64,1 %) qui ont joué au cours de l’année 2012.

– Ce sont surtout les personnes âgées de 35 à 74 ans.

– La proportion la plus élevée des joueurs est parmi des travailleurs à temps plein (71,6 %), parmi les gens ayant un diplôme d’études secondaires ou collégiales (70,2 %) et parmi ceux ayant un revenu se situant dans les tranches moyen-supérieur (69 %) et supérieur (72,8 %). Vous reconnaissez-vous parmi ceux-ci?

Donc, 1,6 milliard de dollars. Mais qui d’entre nous n’a pas, même un bref instant, pensé à ce qu’il ou elle ferait avec tous ces dollars. Bien sûr, après les impôts américains enlevés, il en resterait un peu moins. Si je l’avais gagné, nos gouvernements fédéral et provincial en auraient gardé aussi. Bon, disons qu’il m’en serait resté autour de 700 millions, ce n’est quand même pas négligeable.

Le rêve. Tout est permis. C’est certain, je commence par payer toutes mes dettes. J’en mets de côté pour mes vieux jours. Pis un peu plus pour un projet que je ne connais pas encore. Ensuite, j’en donne à ma famille. Il m’en reste encore.

J’en fait profiter des bonnes œuvres, mais pas n’importe lesquelles, non plus. Je crée une fondation pour venir en aide à une cause qui me tient à cœur.  Il m’en reste encore.

Et pourquoi pas en faire profiter mon canton bien-aimé. J’aide nos artistes et artisans, pour notre volet culturel. Ah! Pis un autre pour aider des entreprises à s’établir chez nous. Il m’en reste encore.

On pourrait former une coopérative d’entraide. Construire un mini centre d’achat pour offrir des produits d’ici. Va aussi falloir penser à faire un grand stationnement parce que les gens vont venir de partout. Hum! Avec tous ces projets, me reste-t-il encore un peu d’argent?

Voilà, je sors de mon rêve, mon compte de banque n’a pas changé. Ne dit-on pas que ça ne coûte rien de rêver? Mais ça nous permet de passer du bon temps. Ça nous permet d’imaginer, de faire émerger toutes sortes d’idées, même les plus farfelues. R