2017 03-Le 150e anniversaire

2017 03-Éditorial   Le 150e anniversaire   par André Mathieu

Le Canada prépare les festivités, mais avons-nous raison de fêter l’anniversaire de la confédération canadienne et non de la fondation du Canada? Notre gouvernement oublie les 250 ans de présence française (et anglaise) en Amérique qui ont précédé cette union de 1867. On doit remarquer aussi l’absence des nations autochtones dans les festivités à venir. Nos gouvernants les ignorent assez souvent.

M. Justin Trudeau, actuel Premier ministre, est le premier de tous les premiers ministres canadiens à se vanter d’ignorer l’histoire de son pays. Il a déclaré que son pays est un pays « …sans identité centrale et sans majorité… ». Donc il nie une identité propre et déclare que le Canada est « …le premier pays post-national au monde… », un pays sans nation que seules les valeurs suivantes unissent : « …ouverture, respect, ardeur au travail, justice et égalité… ». Il a prononcé ces paroles le 8 décembre 2015, en entrevue au magazine New York Times. Pourtant M. Trudeau père, ancien Premier ministre, a officialisé le bilinguisme au pays, la marque de l’identité canadienne. Son fils garde le silence sur les nations française, anglaise et autochtone et leurs descendants. Ce sont eux qui ont construit le Canada. L’immigration de tous les autres pays est venue après 1867.
Parlons-en de la Confédération de 1867. Le Haut-Canada en faillite y voyait un moyen de survie. Ça ressemble aux fusions municipales ou autres, les bénéfices allant aux plus gros. Le Bas-Canada, désespéré de perdre des pouvoirs au profit de Londres, a vu l’occasion d’une plus grande autonomie et a accepté le deal. Les Maritimes devaient être observatrices, n’ont pas détecté le stratagème et ont accepté aussi la fédération. La négociation a été faite chez eux. Voulant se dissocier plus tard, la Gendarmerie Royale du Canada a réglé ce problème.

Alors, le Canada, on le fête à cause de la Confédération de 1867? C’est une insulte au bon sens de tous les canadiens. Pas seulement pour les indépendantistes qui se concentrent sur les misères réelles ou imaginaires du Québec depuis 150 ans. Peut-être que cette victimisation va aider la cause souverainiste? On en doute.

 Même M. Harper, précédent Premier ministre, affirmait que le Canada est né en français. C’est tout dire. Serait-il plus exact de voir la naissance du Canada avec la fondation de Québec en 1608, sous le régime de la Nouvelle-France? C’est bien avant 1867. Montréal qui fête son 375e cette année, c’est bien plus vieux que la Confédération et c’est le Canada aussi. M. Coderre, maire de Montréal, qui est partout, va sûrement prioriser les fêtes de sa ville, s’il a compris que le 150e du Canada, c’est de l’imposture.

Nous pouvons nous imaginer que M. Justin Trudeau ne passera pas à l’histoire pour sa définition de la nation canadienne et pour le calcul de l’anniversaire véritable de la fondation de son pays. Les festivités du 150e seront une bonne occasion pour le Premier ministre de prendre plein de photos, mais ce n’est pas le Canada qui a 150 ans, il est bien plus vieux que cette Confédération de 1867. R