2017 09-Les évadés de la planète Trump

Les évadés de la planète Trump,  Danielle Leclerc

Depuis quelques semaines, nous assistons à une immense vague d’immigrants venus de chez nos voisins du Sud. Qui est donc cet homme qui fait peur aux immigrants et les fait fuir un peu plus au nord? On dirait bien que ces gens s’évadent! Oui, les citoyens des USA sont prisonniers… des lubies de leur président.

Chez nous, à Saint-Bernard-de-Lacolle, le chemin Roxham est maintenant connu à travers le monde. En effet, la brèche qu’il offre sur la ligne frontalière attire ceux qui veulent éviter les postes-frontière canadiens. Ces derniers mois, la GRC y a intercepté jusqu’à deux cents migrants par jour. Ce sont majoritairement des Haïtiens, qui avaient d’abord quitté leur pays d’origine à la suite d’un tremblement de terre. Ils s’étaient alors réfugiés dans un pays bien semblable au nôtre pour y refaire leur vie.

Tout à coup, un autre terrible séisme a secoué la planète : l’élection de Donald Trump! Cet homme semble vouloir diriger la planète entière, alors que son pays se referme sur lui-même. Ce fils d’immigrant impose ses propres règles, comme sa menace de mettre fin à la protection temporaire dont bénéficient les Haïtiens depuis 2010.

Le Canada, en dénonçant l’attitude de Trump, s’est montré très ouvert. Toutefois, dans sa pavane, il a omis de donner toute l’information concernant les lois permettant d’y résider. Il n’existe pas nécessairement de raccourci pour devenir citoyen canadien. Plusieurs seront déçus. Selon les normes du service de l’immigration, la moitié d’entre eux devront retourner dans leur pays d’origine.

Devant ce phénomène, les gens d’ici s’offusquent. Ils se sentent envahis, arguant que nos politiciens devraient plutôt utiliser les fonds publics pour aider leur propre population au lieu de donner des couvertures à des étrangers. En effet, on assiste à une sorte d’improvisation maladroite qui ne rassure personne. Nos gouvernements ont beaucoup de difficulté à faire preuve d’imagination et de leadership face à cette situation.

Posons-nous la question : qui compose le peuple américain? Tous des immigrants. Au Québec comme au Canada, c’est la même chose. Nos ancêtres ont tous quitté leur pays d’origine pour se forger une vie meilleure ailleurs! Il faut retenir que la façon dont un pays traite ses citoyens les plus fragiles en dit long sur son échelle de valeurs. Quel symptôme inquiétant de la santé d’un pays que la fuite de ses plus démunis. Tous ces demandeurs d’asile recherchent la liberté et la paix. Nous devons être fiers de notre geste d’accueil!