2018-04-Critiquer : droit ou devoir?

Critiquer : droit ou devoir?   André Mathieu,

Où irait-on sans les critiques les plus assidus que sont les journalistes? Leur travail est de penser, s’informer, enquêter, analyser et renseigner la population. Les sujets ne manquent pas : les gouvernements, le crime organisé et tout ce qu’il y a entre les deux, partout où il y a de l’abus, les contrats aux amis des partis politiques, la Santé et son ministre etc. C’est infini comme champ de travail.

On peut qualifier de chialeux ceux qui pensent et se donnent la peine de formuler leurs plaintes. Est-ce que les opposants à la fusion des CLSC/CHSLD de Weedon n’ont pas eu gain de cause, malgré tous les revers essuyés? Mille difficultés n’ont pas arrêté la mobilisation des citoyens. Il y a des causes perdues d’avance, mais seulement par la tiédeur et l’abandon des opposants.

Critiquer, c’est un privilège et une obligation si on y pense. En exemple, l’agrandissement du parc du mont Orford et la centrale au gaz proposés par le parti libéral de Jean Charest. Deux projets sur lesquels la critique a eu le dessus. Tous les partis ont des fautes à se reprocher : pensons à la papeterie Gaspésia, la cimenterie de Port-Daniel, l’usine la plus polluante du Québec et la moins nécessaire. Les fusions municipales qui ont avantagé les villes-centres, c’était un entêtement du gouvernement péquiste et la mobilisation citoyenne n’a pas suffi pour l’arrêter. Les gouvernements se trompent assez souvent, malgré toutes les études dont ils disposent avant d’agir. Le travail de la critique va faire ressortir les motifs de décisions souvent prises dans le but de gagner les prochaines élections. Acceptons que la critique peut être dans l’erreur parfois.

Un exemple de l’importance de la critique : le ministre André Boisclair (PQ) a défini la démocratie comme ceci : « les élus sont au pouvoir et savent par le fait même ce qui est bon pour la population ». Est-ce qu’on peut se laisser gouverner sans droit de manifester, de questionner les élus, sachant que les politiciens pensent ainsi? À l’approche d’élections provinciales, est-ce que les Libéraux pensent vraiment que les citoyens ont oublié les coupures en éducation et en santé du début de leur mandat? L’importance du travail des critiques et des journalistes est très grande.

Il y a un dicton : un citoyen qui s’abstient de voter n’a pas le droit de critiquer. Ne pas voter est une critique du processus électoral et tous les citoyens sont des payeurs de taxes, qu’ils votent ou non.

Un autre dicton : « qui ne dit mot consent » est bien utile pour les élus qui forment un gouvernement majoritaire avec 30% du vote citoyen, souvent beaucoup moins.

Toutes les manifestations sont nécessaires, étant la preuve de l’importance des motifs de manifester. Sortir dans la rue, écrire à son député ou dans le journal, critiquer ou chialer sont des privilèges-citoyens dont tous peuvent se prévaloir. Il est sain de critiquer les gouvernements démocratiques, les juristes, les journalistes, les syndicats et autres organisations de la société civile, mais important de les défendre aussi car ils ont permis l’évolution de notre société.

Critique, manifestation, journalisme d’enquête, chialage, sont nos moyens de montrer ce qu’on pense. Vaut-il mieux être chialeux ou suiveux?