2018-05-Je me souviens (ou pas)

Je me souviens (ou pas).   André Mathieu

Ces trois mots sont sur tous les véhicules immatriculés au Québec. Il faudrait un examen d’histoire pour tous les Québécois afin de vérifier ce qu’on en a retenu, de l’histoire du fait français en Amérique du Nord. Tous les Québécois de souche devraient-ils réussir l’examen pour être dignes d’être citoyens? On peut douter de la réussite collective à cet examen. La mémoire est une faculté qui oublie, les choses anciennes comme les récentes. Cependant, ce n’est pas de mémoire ou d’histoire dont je veux vous entretenir, non plus que des pertes de mémoire chez les aînés.

Nous sommes en mai et notre gouvernement se prépare en vue des élections de l’automne prochain. C’est ici que la mémoire entre en jeu. Quelqu’un se souvient des promesses électorales des libéraux d’il y a quatre ans? Est-ce que les promesses électorales des trois grands partis politiques nous reviennent à la mémoire? Très peu, pour la plupart d’entre nous. Avant les élections, les promesses abondent, les politiciens sachant très bien que tout le monde va oublier, les promesses des perdants comme celles des élus.

On ne peut oublier les restrictions budgétaires et les coupures de services que les libéraux ont fait subir aux Québécois pendant les deux premières années de leur gouvernement. La santé et l’éducation ont été touchées pour ne pas dire sabotées. Il fallait se serrer la ceinture, qu’ils disaient, en vue de parvenir à quoi? À d’autres promesses plus alléchantes pour la prochaine élection.

Les grands projets pleuvent, il faut montrer la réussite du gouvernement, des investissements majeurs en transport collectif, à Québec (tramway) et Montréal (train rapide et prolongement du métro). Les libéraux ont aussi investi dans l’avion de Bombardier, au grand plaisir d’Airbus. En passant, on a prévu un retrait d’environ 1700 voitures par jour à Montréal. Un si grand projet pour si peu de résultats. D’autres mesures moins coûteuses existent, mais sont moins spectaculaires. Si le Québec est aussi pauvre et s’il faut couper en éducation et en santé, alors les grands projets promis ont moins de pertinence.

Je voulais mentionner le travail à bon marché dont le gouvernement profite. Les CHSLD (centre d’hébergement et de soins de longue durée) sont des établissements indispensables et connus de tous. Les ressources intermédiaires, est-ce qu’on connaît? Ce sont des établissements comparables aux CHSLD en terme de soins et de clientèle, sauf que les préposés et préposées aux bénéficiaires sont au salaire minimum, sans sécurité d’emploi et sans fonds de retraite. (Ce sont 10 000 employés dans 900 établissements.) Le journal La Presse, dans un article de Patrick Lagacé, en fait une description éloquente, le 27 octobre 2017. Ce travail à rabais et toutes les coupures en santé, sous la direction d’un ministre médecin et d’un premier ministre médecin, est-ce que c’est l’indication d’une réussite? Ont-ils obtenu la note de passage?

Bref, les élections seront d’actualité à l’automne et ce sera le temps d’évaluer les promesses tenues ou non par le gouvernement et de juger des réalisations des quatre années passées. Les promesses nouvelles qui seront faites vont-elles effacer l’insatisfaction de la population? Au lieu d’un slogan des politiciens, peut-on adopter un slogan citoyen?

Nous nous souvenons, Monsieur Couillard.