2018-10-L’insécurité

L’insécurité  par André Mathieu

À partir d’une simple question entendue la semaine dernière : Sommes-nous préparés pour réagir ou gérer une catastrophe telle que la tornade de Gatineau?, je suis de ceux qui préfèrent répondre: Non, et puis?.

Toute catastrophe naturelle peut se produire n’importe où et en toute saison; elle est imprévisible. Nous habitons un pays et une région heureusement peu touchés par les caprices de la nature. La sagesse du Dalaï Lama (chef spirituel tibétain)  peut nous guider, à savoir : …ne pas s’inquiéter pour l’imprévisible…

La crise du verglas de 1998, la tempête de neige de 1971, le déluge au Saguenay en 1996, les inondations du Richelieu en 2011, sont des phénomènes naturels imprévisibles; certains considèrent que le réchauffement climatique en serait responsable parfois. Qui peut prédire une tornade? Personne; nous n’avons pas de saison des tornades au Québec.

Un train à la dérive comme celui de Lac-Mégantic en 2013, ce n’est pas une catastrophe naturelle, c’est pourquoi il fallait trouver des responsables et les procès ont servi à déterminer les causes de l’accident. Ne parlons pas d’accident dans ce cas-ci, plutôt de négligence. Voilà où la prudence, la prévention, la formation adéquate du personnel et les contrôles rigoureux doivent s’exercer.

Prévenir ce qui est prévisible.

Dans tous les cas de catastrophes, naturelles ou accidentelles, c’est impossible de prévoir et encore plus d’avoir sur place tous les services d’urgence adéquats qui seront suffisants pour intervenir et réparer les dégâts. Les municipalités touchées seront aidées par les services de police, les services d’incendie et la Sécurité civile; toutes les ressources disponibles localement et de la région, de la province même, deviendront disponibles. L’armée canadienne est disponible en tout temps. Nous avons eu des monteurs de lignes du Nord-Est des États-Unis après le verglas. C’est dire que nous n’avons pas les ressources disponibles localement mais l’aide est toujours accessible et rapidement. Est-ce qu’on peut être rassuré?
Est-ce que les québécois sont insécures au point de toujours exiger plus de mesures de sécurité? Notre population s’est habituée à recevoir et demander à l’état des services plus rassurants pour la protéger lors de catastrophes, mais refuse trop d’ingérence dans la vie privée. Il est reconnu que les québécois sont trop couverts par des assurances de toutes sortes; les assureurs ne demandent pas mieux et nous proposent toujours de nouveaux produits, ce qui enlève une partie des responsabilités de chacun et nous donne une sécurité bien relative et coûteuse.

La prudence est le début de la sagesse dit-on, mais le sage ne doit pas s’inquiéter des choses inutiles et imprévisibles. R