2011 04- Solitude et isolement

Solitude et isolement
Daniel Pezat

La solitude peut nous faire du bien. Elle nous permet de nous retrouver vraiment sans endurer l’influence des autres. Juste un moment, regarder à l’intérieur de soi. Cette solitude ne doit pas nous servir de refuge. Nous devons pouvoir nous retourner vers les autres, c’est simplement exister. Donner, recevoir avec autrui, c’est ce qui nous fait grandir.

Pour plusieurs d’entre nous, la solitude est un cruel problème. C’est pour cela qu’au lieu de l’accepter, beaucoup cherchent à la fuir le plus vite possible. En fait, ces personnes ne supportent pas le fait de se retrouver seules et d’être confrontées à elles-mêmes. Souvent, quand nous parlons de solitude, c’est bien plutôt d’isolement qu’il est question, un isolement que nous n’avons pas demandé.

À notre époque où la communication est le credo, nous n’avons jamais été aussi seuls. Les médias sociaux, comme Facebook et autres Twitter, nous permettent d’avoir des amis en Chine ou en Afrique, alors que nous ne parlons même pas aux gens que nous côtoyons tous les jours. Les humains sont grégaires; comme les moutons ou les loups, ils aiment vivre en troupeaux ou en bandes. Pourtant, bien des Québécois ne connaissent pas leurs voisins. Si nous n’allons pas vers les autres, comment viendront-ils à nous? Certains pensent qu’assis devant un écran, ils ne sont pas seuls. Grossière erreur : l’ordinateur est en train de nous isoler au lieu de nous rassembler.

Les liens familiaux ne sont plus ce qu’ils étaient, trois générations vivant sous un même toit n’est plus chose courante. Dispersée aux quatre vents, souvent reconstituée, la famille n’est plus un rempart contre l’isolement. Parmi les personnes disant se sentir seules, plus de la moitié attribuent leur sentiment de solitude à une dispersion familiale. Cette situation ne touche pas seulement les plus âgés. Que ce soit le décès du conjoint, une rupture sentimentale ou un divorce, voilà la porte de l’isolement entrouverte. Parfois, il n’est pas besoin d’accident de parcours pour qu’une personne brise les liens avec sa famille. Trop de gens pensent que leurs relations familiales se résument à quelques rencontres annuelles.

L’isolement n’a rien à voir avec la solitude : il n’est pas voulu. Un matin de grisaille ou une soirée de déprime, il est là. Cela ne vous est-il jamais arrivé de vous sentir seul au monde? Avec comme un poids à porter tout au long d’une journée? Se demander pourquoi vivre au fond, si c’est pour compter les heures qu’il reste pour se rendre au soir?

Récemment, le gouvernement du Québec souhaitait améliorer le quotidien des aînés et briser leur isolement social. Le gouvernement va verser un total de 11 millions de dollars à 170 organismes du Québec œuvrant auprès de cette population. On ne peut qu’applaudir à cette décision, même si nous ne savons pas comment cela va se concrétiser. 50 % des personnes de 75 ans sont encore propriétaires de leur domicile. Les aînés peuvent avoir un sentiment d’inutilité. Pourquoi ne pas les aider à demeurer chez eux, en autant qu’ils le désirent, dans un environnement qu’ils connaissent et où ils se sentent en sécurité?

Que nous réserve la société québécoise? Plus les années passent, plus les personnes âgées seront nombreuses. Selon l’Institut de la statistique du Québec : de 1996 à 2026, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus aura doublé pour atteindre près de 25 %. L’isolement est aussi plus présent chez les femmes de ce groupe d’âge : 72 % des hommes vivent en couple, contre 39 % des femmes.

On oublie la place importante de nos aînés dans la société. Que l’on pense aux nombreuses activités bénévoles auxquelles ils participent, aux services qu’ils rendent à leurs enfants en s’occupant des petits-enfants ou à la transmission des expériences (mentorat).

Je veux croire que vieillir en santé et heureux est possible. Il faut que l’environnement favorise les personnes âgées, sans brimer les autres groupes d’âge. Que nos aînés aient la possibilité de maintenir ou d’améliorer leur santé par une saine alimentation. Ils devraient pouvoir pratiquer régulièrement des activités physiques adaptées à leur condition et être soutenus par des gens qui les aiment et les comprennent. R

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