2010 06-La mort

Éditorial de Daniel Pezat :
La mort

Un jour ou l’autre, nous allons tous mourir. C’est inévitable, incontournable et irréversible. Ce sera le dernier acte de notre vie. Autant l’accepter, personne n’échappera à la mort. Le pourquoi du trépas est évident. Imaginez le monde avec un Hitler, un Napoléon, un Harper ou un Charest à perpétuité! Le tout est de savoir comment nous finirons notre vie.

Je ne parlerai pas de suicide ou d’euthanasie, bien que ce soient des options de fin de vie qui sont à mes yeux importantes et pertinentes. Ces choix appartiennent à chacun de nous. Je voudrais vous entretenir de la mort, du deuil et, si je le peux, dans quelle condition nous allons mourir. J’avoue, je n’ai pas d’expérience en la matière. Je ne suis jamais vraiment décédé.

Le grand Félix Leclerc nous l’a dit  : « C’est beau, la mort, c’est plein de vie dedans ». La mort n’est pas un problème, encore moins un mystère. Même quand nous le nions, nous savons qu’elle n’est tout simplement rien! Comment mourir serein est l’unique question. Seules la douleur et la dégradation physique et psychique sont indignes. Tous les moyens sont bons pour que ça cesse, quand nous savons que c’est la fin. Quand nous fermerons les yeux pour toujours, ni souhait, ni espoir. Seulement en finir. L’impuissance de vivre est épuisante pour nous et nos proches. Donner congé à notre désir de vivre éteint est la moindre des courtoisies que l’on doive aux autres et à soi-même.

Nous n’avons en général pas peur de la mort, mais nous ne voulons pas devenir vieux. Pourtant, un beau matin, il nous faut faire le compte de nos jours passés et de ceux éventuels qu’il nous reste. Une urgence de faire quelque chose, de laisser une trace. Je ne sais pas pourquoi, une sorte d’instinct. Laisser un souvenir. Une garantie d’immortalité, même si l’immortalité ne durera que le temps des souvenirs dans l’esprit et le cœur de ceux qui nous survivent.

Plus la peur et la souffrance face à la mort deviennent l’objet d’un envisageable traitement médical efficace, moins elle est vécue comme un problème religieux. Seuls ceux qui en ont l’intérêt préservent les anciennes croyances en une vie éternelle. L’éternité n’a ni passé ni avenir. L’éternité, c’est le présent. Il n’y a pas de vie éternelle, seule La Vie est éternelle.
La mort comme la naissance est un acte de solitude. Au début comme à la fin, nous sommes seuls. À la naissance, nous sommes accueillis souvent par des larmes de bonheur; à notre mort, les larmes de ceux qui restent nous accompagnent. Mais toujours, dans le fin fond de notre être, nous sommes isolés.

Au moment de la mort, qui souffre le plus, celui qui meurt ou ceux qui nous survivent avec leur peine et leur chagrin? Car notre culture commande le chagrin en ces occasions. Ce qui m’amène au deuil. Il est multiple et salutaire. S’il est absent, la blessure ne se referme pas, la peine est infinie et la douleur constante.

Beaucoup se réfugient dans la prière pour atténuer le mal. Je ne sais pas prier, ou plutôt, j’ai désappris. Au temps du catéchisme, j’ai pratiqué l’église buissonnière, préférant la fumée d’une cigarette clandestine à celle de l’encens. Je n’ai pas appris à faire un deuil suite à un décès. Rendu à un âge avancé, je n’ai jamais vu quelqu’un mourir dans un lit. Pour moi, la mort n’est synonyme que de violence, actes de guerre ou accidents.

Plus haut, je disais que le deuil est multiple, nous perdons des parents, des amis, des amours, un emploi et des collègues de travail, un animal. J’ai vu pleurer pour la perte d’un objet. J’aurais aimé vous dire comment faire le deuil, alors que je n’ai appris finalement qu’à passer à autre chose, à le refouler en quelque sorte.

Pourtant, le deuil est nécessaire et complexe. Même si au moment de la perte, la peine semble intolérable, il est normal et sain d’éprouver des émotions intenses. Il faut du temps pour s’en remettre. La durée du deuil dépend de la situation de l’endeuillé. Le deuil n’est pas une faiblesse, mais bien une nécessité. Le deuil nous aide à accepter l’absence du défunt et la fin de notre relation avec lui. Il nous permet de concentrer nos énergies vers l’avenir.  R

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *