2012 05-Être fiers, peu importe d’où on vient.

Polyvalente Louis-Saint-Laurent
Être fiers, peu importe d’où on vient.
Auteurs : Charles Labrie, en collaboration avec l’équipe-école de Louis-Saint-Laurent

Depuis quelques années, La Cité-école met en valeur certains jeunes citoyens qui, au fil des ans, ont poursuivi des études avancées. Nous tenons à ce que nos jeunes, à la Cité-école, issus des diverses communautés, développent et nourrissent cette fierté envers leur milieu et en même temps, puissent pousser le plus loin possible leurs études, sans jamais oublier le lieu qui les a vus naître et grandir.

C’est dans ce sens que nous vous présentons un premier exemple d’excellence, Paul Grenier. D’autres de Lingwick suivront plus tard.

Paul Grenier, postdoctorat en physique appliquée

Paul, originaire de la communauté, est aussi un ancien de Louis-Saint-Laurent. Il a effectué d’abord un parcours professionnel au secondaire pour ensuite compléter au secteur général (chimie, physique, mathématiques). Ce parcours, non linéaire et peu fréquent, vaut vraiment la peine d’être souligné. Il démontre, de façon saisissante, qu’un choix d’études professionnelles au secondaire peut, dans certaines circonstances, motiver l’engagement d’un jeune vers la poursuite d’études supérieures très avancées jusqu’au postdoctorat. Paul a terminé ses études secondaires en 1979-80.

«Il suffit de s’écouter, de saisir les opportunités que la vie nous apporte, et de nous faire plaisir.» (Paul Grenier)

Je m’explique. J’arrive à la polyvalente Louis Saint-Laurent en secondaire 2, alors que mes amis font le leur à Weedon. Cela car j’ai échoué les cours de français et d’anglais (petite bête noire qui me suit encore, mais qui ne m’empêche pas d’avancer!) Cependant, le secondaire 2 me permet de m’inscrire à un cours exploratoire des métiers (mécanique des petits moteurs, usinage mécanique, menuiserie, etc.) J’aime bien le travail manuel : construire, réaliser et réparer des choses pour les amener dans un état fonctionnel. L’année suivante, je m’inscris donc en mécanique automobile au professionnel court.

Bien intéressant, la mécanique automobile : comprendre le fonctionnement des différents éléments mécaniques, diagnostiquer un problème, démonter, réparer et remonter. Après deux ans, je décide de poursuivre au professionnel long, car cela permet d’aller plus en profondeur dans les divers éléments mécaniques. Cela me révèle des aspects forts intéressants aussi, en particulier les composantes électriques et électroniques des autos, à travers des cours théoriques qui me stimulent beaucoup. J’obtiens mon diplôme, mais j’en désire plus, pour mieux comprendre les systèmes, et j’entrevois maintenant que cela peut s’effectuer sous différentes facettes.

Je décide de faire mon secondaire 5 général pour ainsi aller au CEGEP par la suite. Introduction à la physique et à la chimie. À cette époque, une expérience dans le cours de physique, avec le professeur Céline Gagné qui synthétise simplement le monde de la physique que j’allais découvrir dans les années à venir.

Prédiction de la trajectoire d’une boule de métal : un plan incliné est placé sur une table. La boule de métal est relâchée en haut du plan incliné. Elle arrive donc sur la table avec une certaine vitesse. On doit alors faire quelques expériences pour déterminer sa vitesse sur la table. Puis, avec ces informations et la hauteur de la table, on doit calculer où la boule frappera le sol lorsqu’on la laissera rouler jusqu’au bout de la table et tomber. On place, à l’endroit prédit, un verre de styromousse pour recevoir la boule. On relâche la boule en haut du plan incliné, et hop dans le mille, expérience réussie!

Je découvre mon plaisir des mathématiques, le pouvoir des mathématiques! Axiomes et règles définissent des espaces bien précis qui, lorsqu’ils sont mis en relation avec des phénomènes réels, procurent les outils (le langage) pour mieux comprendre, explorer, prédire et utiliser ces phénomènes.

Bien qu’ayant été tenté par la physique mathématique pendant le bac à l’université de Sherbrooke, j’ai poursuivi mes études graduées en physique expérimentale (physique du solide à l’université de Sherbrooke). J’ai une opportunité au début de mon doctorat : un nouveau laboratoire laser Femtoseconde est en démarrage : je me joins à l’équipe, mes aptitudes et propensions pour le travail manuel sont utiles à la fabrication du laser (système laser qui requiert près de 15 mètres carrés de table optique et qui occupe toute la pièce), mécanique de haute technologie!

Mon directeur de thèse, qui finit tout juste son stage postdoctoral à l’ENSTA, à Palaiseau, en banlieue de Paris, me procure l’opportunité d’aller y faire un stage de six mois.

Par la suite, j’obtiens un stage post- doctoral à l’université d’Ann Arbor, au Michigan. Un ancien chercheur de l’ENSTA y dirige un groupe qui est le plus en vue dans le développement de laser Femtoseconde. J’ai ainsi l’opportunité d’y rencontrer des gens exceptionnels, et aussi de constater qu’ils sont la crème, et que la majorité de leurs collègues sont plutôt comme vous et moi : des gens qui doivent y mettre l’effort pour réussir et qui sont récompensés par le plaisir de leurs réalisations.

Puis, une nouvelle opportunité se présente pour un poste de chercheur à l’INO (Institut national d’optique) que j’occupe depuis 15 ans déjà. INO œuvre dans la recherche et le développement appliqué pour l’industrie, cela basé sur les technologies optiques. Le développement d’appareils marie la compréhension des phénomènes physiques, le développement et la fabrication de systèmes optiques, mécaniques, électroniques qui, amalgamés, permettent d’accomplir les fonctionnalités désirées. Par exemple, un appareil qui, par une illumination des dents à l’aide d’impulsions laser et d’une mesure de la radiation infrarouge émise, permet au dentiste de faire une détection précoce de caries. Amener un tel système à un niveau produit apporte une large gamme de défis et de plaisirs lorsque surmontés : maîtrise, compréhension des phénomènes physiques permettant la détection, l’optimisation des sous-systèmes optiques, électroniques et mécaniques pour optimiser les performances, l’analyse des aspects d’utilisation et d’ergonomie, la conformité aux normes de certifications de systèmes d’application médicale.

Donc, un travail qui couvre bien ma palette d’intérêts et, en plus, ce travail apporte quelquefois des opportunités uniques : récemment, j’ai eu à me rendre, avec des collègues, à Houston pour des rencontres à la NASA. Nous travaillons à un projet pour la mise au point d’un appareil qui sera déployé par un astronaute canadien dans la station spatiale internationale.

Je vous souhaite la même chance! Paul Grenier, ancien de Lingwick R

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