2016 11-Superaliments ou mode

Texte choisi : Superaliments ou mode,  Catherine Bouffard

Nous entendons parler depuis quelques années de superaliments, d’alicaments (aliments qui agiraient comme un médicament) ou d’aliments fonctionnels. Il peut être difficile de s’y retrouver parce qu’on entend toute sorte de chose et Internet est une source infinie de termes et de conseils, rarement prouvés. On a même écrit des livres sur les superaliments ou les aliments contre le cancer. Oui, ces aliments ont des bienfaits pour notre santé; ce sont généralement des fruits, des légumes ou le thé vert. Et parfois, ça peut  nous sembler des aliments à la mode puisqu’on en n’entend plus parler au bout d’un certain temps.

Plus que des nutriments

Mis à part les nutriments (glucides, protéines, gras, vitamines et minéraux) contenus dans les aliments et qui nourrissent notre corps, d’autres composantes font partie des aliments. Elles se nomment caroténoïdes, lycopène, flavonoïdes, isofla-vones, etc. Ce sont souvent les pigments qui caractérisent la couleur des aliments ou un autre composé comme celui sulfuré (contenant du soufre) de l’ail et l’oignon, par exemple. Plutôt que de nourrir, ces composés peuvent servir à neutraliser les radicaux libres, à réduire les risques de maladies cardiovasculaires ou de cancer, et sont complémentaires aux nutriments. Les radicaux libres sont créés par les cellules lorsqu’elles produisent de l’énergie. Ce sont des déchets toxiques dont les cellules veulent se débarrasser.

Parmi les aliments contenant ces composés, on retrouve la famille des choux, l’ail, l’oignon, les petits fruits, la tomate, la carotte, les agrumes (citron, lime, orange, pamplemousse, etc.), le gingembre, le curcuma, le thé vert, le soya.

Les suppléments

On peut retrouver ces composés sous forme de suppléments dans les boutiques d’aliments naturels. Par contre, un élément séparé des autres composantes de l’aliment n’est pas aussi efficace. Aussi, les concentrations de ces composés en capsules peuvent dépasser de beaucoup celles que l’on prendrait en mangeant l’aliment qui le contient. Bref, l’aliment consommé dans son entier est plus favorable et sécuritaire que les suppléments.

En résumé, il n’y a pas d’aliment  qui contient à lui seul tous les éléments dont nous avons besoin pour être en santé. Et la santé n’est pas garantie seulement que par une saine alimentation. Peut-on penser avoir une voiture performante en ne changeant que les pneus, sans faire d’entretien régulier?

Avoir une alimentation variée en légumes et en fruits de toutes les couleurs. La majorité du temps, en mangeant des aliments qui ne sont pas ou peu transformés, c’est-à-dire ne contenant pas ou très peu d’agents de conservation, d’agents donnant de la texture, des saveurs artificielles, etc, nous aidons sûrement notre corps à être en meilleure santé.

Et si les superaliments n’étaient que les aliments que nous achetons, jardinons et que nous mangeons le plus naturellement possible? R

Sources:
Bernard Lavallée, nutritionniste
https://nutritionnisteurbain.ca/actualite/superaliment-un-buzzword-qui-doit-disparaitre/Extenso.org
http://www.extenso.org/article/les-aliments-fonctionnels/
Béliveau, R., Gingras, D.,
Les aliments contre le cancer.
La prévention du cancer par
l’alimentation.
Éd. du Trécarré. 2005. 213p.