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Opinion du mois
Texte choisi du mois
Juin 2026
Allez, les habitants, allez!
par Danielle Leclerc
Je ne suis pas, habituellement, une fan de hockey. Je n’ai pas suivi l’épopée des Canadiens de Montréal depuis des années. Je ne connais plus les joueurs. J’entends les nouvelles à leur sujet, Martin Saint-Louis, nouveau coach en 2022, jeune équipe, etc. Il est vrai aussi que la création d’une ligue professionnelle de hockey féminin en 2023 m’a réjouie, et je lui souhaitais une belle réussite, sans plus.
J’ai été emportée, il y a bien longtemps, par le mouvement d’allégresse populaire lors de la série Canada-Russie, la Série du siècle! C’était en 1972. On avait regardé le dernier match à la télévision en classe de latin, en plein jour, tous ensemble! Il ne fallait manquer ça pour rien au monde...
Juin 2026
Chronique d’un vieux fou
Si mal?
par Malois 2026-06-01
Ça va mal! On dirait que tout est en mode destruction.
Nous nous disons civilisés, mais à quel point le sommes-nous? En période de paix, les pays prospèrent. Leurs citoyens aussi.
Or, des pays en envahissent d'autres pour se les approprier ou pour au moins leur voler leurs richesses. En invoquant des raisons fondamentales : ce pays nous appartient; ce pays constitue une menace pour le nôtre; ce pays n'est pas démocratique; nous avons un droit divin sur ce territoire... N'importe quoi...
Opinion - Avril-mai 2026
Chronique d'un vieux fou
Qu'est-ce qui est acquis?
par Malois, 2026-04-05
Nous sommes portés à tenir pour acquis le monde dans lequel nous vivons. Avons-nous raison?
Résumer quelques événements marquants (dont on sait l’essence) de l’histoire de l’humanité nous donnera un échantillon acceptable sur lequel réfléchir, sans nous perdre dans des dédales infinis.
Parlons d’abord de démocratie.
On s’entend généralement pour dire que le concept en a été inventé à Athènes, en Grèce, vers le 8e siècle avant Jésus-Christ.
À cette époque, les hommes nés à Athènes de mère et de père athéniens obtiennent le droit de se prononcer directement sur les affaires de la cité. C’est le début d’un certain pouvoir au peuple : dèmos, peuple, kratos, pouvoir. Avec des avancées et des reculs, la démocratie se développe.
Mais ce même peuple vit sous la dictature à deux reprises au 20e siècle.
En 509 avant Jésus-Christ, les Romains chassent leur roi. Certains citoyens, par leur noblesse ou par leur richesse, sont admis à participer aux discussions du Sénat. Avec les siècles, une démocratie par délégation permet à l’ensemble des citoyens d’élire ceux qui vont les gouverner.
Mais de 1922 à 1943, le dictateur fasciste Benito Mussolini dirige l’Italie de façon violemment autoritaire.
La constitution américaine de 1787 établit clairement la séparation des trois pouvoirs : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Ce jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs veut éviter la
tyrannie. La forme américaine de démocratie est jugée comme une des meilleures au monde.
Mais le président actuel fait d’immenses efforts pour briser cette séparation qui restreint son pouvoir de décision. Et, en même temps, il tente de contrôler la presse.
Jamais de tels efforts n’ont été déployés aux États-Unis pour accaparer le pouvoir.
En 1789, leur pauvreté amène les Français à se révolter contre la richesse et les privilèges de la
noblesse et du clergé.
La Révolution française définit le statut de citoyen, tous devant être égaux devant la loi. Cette modification de la conception de l’être humain, du statut de sujets au statut de citoyens, est radicale.
Mais aussitôt après ses grandes avancées, la Révolution donne lieu à la Terreur sous Robespierre. Puis vient Bonaparte, empereur à la dictature toute-puissante.
La démocratie revient plus tard, inégale, mais de plus en plus étendue.
En 1215, les barons anglais imposent au roi la Grande Charte qui limite ses prérogatives et leur donne un certain pouvoir. Puis, sous leur pression, le roi perd de plus en plus de pouvoirs.
En 1689, l’Angleterre devient une monarchie constitutionnelle.
Les droits de la personne s’améliorent au fil du temps et la démocratie s’étend et se précise.
C’est une démocratie indirecte, parlementaire. Les citoyens élisent, tous les quatre ou cinq ans, ceux à qui ils veulent confier la direction de l’État. C’est aussi le modèle au Canada et dans les provinces canadiennes.
Alors? L’histoire nous enseigne que non, finalement, nous ne pouvons pas tenir pour acquis le monde dans lequel nous vivons.
Mais, à notre mesure, nous avons du pouvoir. « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous ! »1
Parlons aussi de vie sociale.
Notre héritage culturel et religieux nous a légué des valeurs de respect d’autrui et une forme de politesse. Les convenances et la bienséance, vues comme incontournables, règlent les relations.
Mais médias dits sociaux, pandémie de COVID, et quoi encore… elles deviennent souvent plus rudes, entre les personnes et devant l’autorité.
Les désirs, par égocentrisme, sont affirmés comme des droits.
La civilité n’est parfois plus qu’optionnelle. Une misogynie sans-gêne s’exprime violemment, en
parole et en gestes.
Nous vivons, en Occident et même chez nous, une perte de civilisation.
Rien n’est acquis.
Il nous faut, comme société et comme individus, offrir et exiger le respect et la bienveillance. C’est essentiel à notre bonheur.
1 Citation généralement attribuée à Étienne de La Boétie, vers 1548, mais qui serait plutôt de Pierre Victurnien Vergniaud, vers 1789, 1793.


